Le gouvernement soutient une proposition de loi interdisant le port du voile dans les compétitions sportives, y compris au niveau amateur. Un sujet qui divise fortement.
interdiction voile sport – CREDIT : Wikimédia Commons
Le gouvernement a affiché son soutien à une proposition de loi adoptée au Sénat visant à interdire le port de signes religieux, notamment le voile, dans l’ensemble des compétitions sportives, y compris au niveau amateur. Cette prise de position marque un tournant dans un débat sensible qui divise la classe politique et le monde du sport.
Un sujet épineux qui refait surface
Le port du voile dans le sport est un sujet de controverse en France depuis plusieurs années. Certaines fédérations sportives l’interdisent, comme celle de football, tandis que d’autres l’autorisent, à l’image du handball. Jusqu’à présent, les gouvernements successifs avaient évité de légiférer sur cette question, préférant laisser aux fédérations la responsabilité de statuer.
Cependant, le 18 février, un changement de cap s’est opéré avec le soutien affirmé de l’exécutif à une proposition de loi portée par Michel Savin, sénateur LR de l’Isère. Ce texte prévoit d’interdire le port de signes religieux dans toutes les compétitions sportives, au nom de la neutralité du sport et de la laïcité.
Des positions opposées entre la droite et la gauche
La mesure est soutenue par la droite et le gouvernement, qui la justifient par l’application stricte des principes de laïcité dans l’espace public, arguant que le sport doit rester un terrain neutre, exempt de toute appartenance religieuse visible.
Mais cette interdiction suscite de vives critiques à gauche. De nombreux élus dénoncent une stigmatisation des femmes musulmanes, les privant d’un accès égal à la pratique sportive. Certains considèrent également que ce texte va au-delà des principes de la loi de 1905, qui garantit la liberté de culte sans pour autant interdire les signes religieux dans l’espace public.
Quelles conséquences pour le sport amateur ?
En plus de l’interdiction des signes religieux dans les compétitions, la proposition de loi prévoit également d’empêcher l’utilisation des infrastructures sportives publiques à des fins religieuses. Si ce texte venait à être adopté à l’Assemblée nationale, il marquerait un tournant dans l’organisation du sport en France, en instaurant des règles strictes sur la neutralité des compétiteurs.
Le débat est loin d’être clos. L’Assemblée nationale devra encore examiner le texte, et les discussions promettent d’être animées.