Le 5 février 1871, une explosion dans un train à Sanary fit 80 morts et 200 blessés, laissant une empreinte indélébile dans l’histoire locale.
Voie ferrée – CREDIT : Var Actu
Le 5 février 1871, un dramatique accident ferroviaire secoue la commune de Sanary-sur-Mer. Cette catastrophe, encore méconnue aujourd’hui, est pourtant l’une des plus meurtrières que la région ait connue. Elle fit 80 morts et près de 200 blessés, bouleversant durablement la vie locale et marquant l’histoire du transport ferroviaire en Provence.
Un train chargé de passagers et de poudre
Ce dimanche matin d’hiver, le train mixte omnibus n°481, en provenance de Marseille et à destination de Toulon, circule avec à son bord environ 500 voyageurs. Parmi ses wagons, l’un transporte une cargaison sensible : vingt tonnes de poudre, sous la surveillance de deux gendarmes. Peu après avoir franchi le viaduc de Bandol, le convoi atteint la zone des « Roches », non loin du pont de La Baou à Sanary. C’est là, vers 9 h 30, qu’une violente explosion retentit, réduisant en cendres une partie du train.
Une explosion dévastatrice
L’origine du drame provient directement du wagon contenant la poudre. La déflagration est si puissante qu’elle provoque la mort de 80 personnes, dont certaines seront retrouvées mutilées, et fait environ 200 blessés parmi les passagers. L’explosion détruit aussi une portion de l’infrastructure ferroviaire, compliquant l’acheminement des secours. Miraculeusement, trois wagons échappent à la dévastation et poursuivent leur route jusqu’à la gare d’Ollioules.
Une solidarité exemplaire face à l’horreur
Très rapidement, les habitants des alentours s’organisent pour venir en aide aux victimes. Les premiers secours sont improvisés avec l’aide des riverains, bientôt rejoints par les employés de la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM), qui apportent leur soutien logistique et médical. Les blessés sont dirigés vers la chapelle des Pénitents Blancs à Sanary ou hébergés chez des particuliers. Les corps des victimes sont quant à eux transportés à la chapelle Ardente d’Ollioules. Pour rétablir la circulation et sécuriser le site, une équipe spécialisée des Chantiers de la Méditerranée est dépêchée pour déblayer les débris sur la voie ferrée.
Un drame gravé dans la mémoire locale
L’explosion du train de Sanary en 1871, bien qu’éclipsée par d’autres événements historiques majeurs, demeure l’un des épisodes les plus tragiques de l’histoire locale. Elle témoigne à la fois de la dangerosité du transport de matières explosives à l’époque et de l’extraordinaire solidarité des habitants face à la catastrophe.