Les microentrepreneurs varois subissent une nouvelle contrainte fiscale avec la suppression d’une réduction d’impôt sur les frais comptables. Entre incompréhension et inquiétude, les indépendants expriment leur mécontentement.

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De l’argent dans une main – PHOTO : Var Actu

Après l’abaissement du plafond de TVA et l’obligation de facturation électronique, une nouvelle mesure vient impacter les microentrepreneurs. Cette fois, c’est la suppression d’une réduction fiscale sur les frais comptables qui inquiète les indépendants, commerçants et artisans du Var.

Une réforme fiscale qui pèse sur les entrepreneurs locaux

Depuis la promulgation de la loi de finances 2025 le 14 février dernier, les microentrepreneurs passent au crible chaque mesure, et certaines ne jouent pas en leur faveur. Après l’annonce d’un plafond de TVA abaissé à 25 000 euros, mesure provisoirement suspendue après un tollé général, un nouvel amendement vient fragiliser davantage les petites entreprises varoises : la suppression d’une réduction fiscale de 915 euros pour ceux faisant appel à un comptable via un centre de gestion ou une association agréée (OGA).

Pour de nombreux indépendants, cette aide représentait un soutien indispensable. Thomas L., graphiste installé à Toulon depuis six ans, nous confie :
« Faire appel à un comptable me permettait de sécuriser mes déclarations et d’éviter les erreurs qui peuvent coûter cher. Jusqu’ici, cette aide fiscale m’allégeait un peu la charge. Désormais, je vais devoir absorber ce coût supplémentaire ou me débrouiller seul, avec le risque de mal déclarer mes revenus. »

Une suppression qui touche de nombreux secteurs

Jusqu’à présent, les indépendants éligibles à cette aide devaient remplir trois conditions :

  • Être assujetti à l’impôt sur le revenu sous les régimes BIC, BNC ou BA.
  • Être adhérent à un centre de gestion ou une association agréée.
  • Avoir opté pour un régime réel d’imposition.

Avec la disparition de cette mesure, de nombreux professionnels varois — commerçants, artisans, professions libérales, agriculteurs — devront revoir leur gestion comptable et absorber un surcoût qui pèsera sur leurs revenus déjà fragiles.

Un choix budgétaire justifié par l’État

Le gouvernement justifie cette suppression par la volonté de réaliser des économies budgétaires et de mettre fin à des « effets d’aubaine », selon l’exposé de l’amendement. L’objectif initial de cette réduction était d’encourager les indépendants à adopter le régime réel d’imposition, mais selon le gouvernement, cela n’a pas eu l’impact escompté.

Julie M., créatrice d’entreprise à La Seyne-sur-Mer, réagit avec amertume :
« On a l’impression que chaque nouvelle loi est un coup de plus contre les petits entrepreneurs. On nous parle d’aider les indépendants, mais en réalité, on nous met toujours plus de bâtons dans les roues. Beaucoup risquent d’abandonner l’idée d’un suivi comptable, au risque de faire des erreurs et d’être pénalisés. »

Un climat d’incertitude pour les microentreprises varoises

Dans un contexte déjà difficile pour les indépendants, cette réforme alimente le mécontentement. La Fédération nationale des autoentrepreneurs (FNAE) a d’ailleurs lancé une pétition auprès du Sénat pour demander le retrait de cette mesure.

Avec ces nouvelles contraintes, beaucoup de microentrepreneurs varois s’inquiètent de voir leur marge de manœuvre financière se réduire. Face à ces incertitudes, une question revient souvent : jusqu’où ira la pression fiscale sur les petites entreprises ?