Le Parlement a adopté le budget 2025 de la Sécurité sociale, incluant la carte vitale numérique, la taxe lapin et de nouvelles contributions pour combler un déficit de 22 milliards d’euros.

e-carte vitale var carte vitale dématérialisée

Budget 2025 Sécurité sociale – CREDIT : Assurance maladie

Le Parlement a définitivement adopté le budget 2025 de la Sécurité sociale ce lundi, après un dernier vote du Sénat. Ce texte, qui prévoit une augmentation des dépenses de santé, introduit plusieurs mesures fiscales et réformes, notamment la carte vitale dématérialisée et la « taxe lapin » pour lutter contre les rendez-vous médicaux non honorés.

Une hausse des dépenses de santé

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) prévoit une augmentation de 3,4 % des dépenses de l’Assurance maladie, atteignant 265,9 milliards d’euros en 2025. Cette hausse inclut une enveloppe supplémentaire d’un milliard d’euros pour les hôpitaux et un triplement du fonds d’urgence pour les Ehpad, porté à 300 millions d’euros. Pour financer ces dépenses, l’Assurance maladie devra néanmoins réaliser 4,3 milliards d’euros d’économies.

Nouvelles taxes et contributions

Afin de générer de nouvelles recettes, plusieurs taxes ont été renforcées. La « taxe soda » sur les boissons sucrées sera alourdie dès janvier 2026, tandis que la fiscalité sur les jeux et loteries en ligne augmentera dès juillet 2025. Ces mesures devraient rapporter environ 300 millions d’euros.

Les entreprises sont également mises à contribution avec une réduction des exonérations de cotisations patronales, représentant un effort de 1,6 milliard d’euros. Par ailleurs, un milliard d’euros supplémentaires sera prélevé auprès des mutuelles dans un texte ultérieur, une décision contestée par ces dernières.

Réformes et lutte contre la fraude

Le texte introduit une version numérique de la carte vitale, accessible via une application couplée à la carte d’identité dématérialisée. Cette mesure, optionnelle, vise à simplifier les démarches administratives et à réduire les fraudes.

Autre nouveauté, la « taxe lapin » prévoit des pénalités pour les patients qui ne se présentent pas à leurs rendez-vous médicaux. Les modalités exactes seront définies par décret.

Enfin, l’Assurance maladie disposera de nouveaux outils pour contrôler les prescriptions médicales et limiter les dépenses liées aux transports sanitaires et aux actes de radiologie.

Un déficit en hausse

Malgré ces mesures, le gouvernement prévoit un déficit de 22,1 milliards d’euros pour la Sécurité sociale en 2025, contre 16 milliards initialement prévus. Un écart creusé par l’abandon de certaines réformes et une conjoncture économique moins favorable que prévu.