L’affaire Jaminet pourrait être classée sous conditions. Entre obligations sociales et critiques du monde du rugby, son retour sur les terrains reste sous tension.
Affaire Jaminet classement – CREDIT : Wikimédia Commons
Alors que Melvyn Jaminet s’apprête à retrouver les terrains ce samedi avec le Rugby Club Toulonnais, l’affaire judiciaire qui le concerne semble toucher à sa fin. Le rugbyman, suspendu six mois pour des propos à caractère raciste, pourrait voir son dossier classé sous certaines conditions.
Une procédure qui pourrait éviter une condamnation classique
Le 9 juillet dernier, le parquet de Paris a ouvert une enquête après un signalement de l’association SOS Racisme – Touche pas à mon pote. La Fédération Française de Rugby (FFR) avait également saisi les autorités. Après plusieurs mois d’instruction, la qualification retenue est celle de « menaces de violences délictuelles à caractère raciste », une contravention de troisième classe selon l’article R623-1 du Code pénal.
D’après le journal L’Équipe, Jaminet ne devrait pas être condamné dans le cadre d’un procès classique, mais il devra respecter plusieurs engagements pour voir son affaire classée.
Des obligations sociales et financières
Pour éviter une sanction plus lourde, Melvyn Jaminet a du effectuer, comme le rappelle le Blog-RCT, un travail d’intérêt général supervisé par la FFR, comprenant :
- Six interventions sur les dangers de l’alcool et des réseaux sociaux, auprès d’un public défini par la fédération.
- Six actions pour promouvoir les valeurs du sport et lutter contre les discriminations, notamment auprès des écoles de rugby.
En parallèle, il devra verser 5 000 euros de dédommagement à SOS Racisme avant le 31 juillet, au titre du préjudice moral. Ces engagements lui permettront d’éviter une condamnation pénale, tout en participant à une démarche de sensibilisation.
Un retour en club sous tension
Malgré cette issue, l’affaire continue de diviser le monde du rugby. Ce samedi, Jaminet retrouvera la compétition depuis le banc des remplaçants lors du match opposant le RCT au Stade-Français Paris.
Interrogé par L’Équipe, l’ancien président du Rugby Club Toulonnais, Mourad Boudjellal, s’est montré particulièrement critique. Selon lui, s’il était encore à la tête du club, il aurait licencié Jaminet :
« Je ne vote pas Éric Zemmour, donc je me serais séparé de Jaminet. Notamment pour l’image du club. Maintenant que le RCT a décidé de le garder, je n’ai rien contre son retour à la compétition. Il a purgé sa peine. »
Il estime que Jaminet ne devrait plus jamais être sélectionné en équipe de France et salue la décision du président de la Fédération, Florian Grill :
« Il a raison : l’image de la France est importante. »
L’affaire semble donc se conclure d’un point de vue judiciaire, mais elle continue d’alimenter les débats dans le monde du rugby.